Les  Côtes  d'Armor  avec  Ségolène  Royal  undefined
 

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Jeudi 13 mars 2008
Emergence(s) :
 

qui sommes-nous ?



Émergence(s) est une association dont l’objet est d’aider la gauche à reconquérir le pouvoir et à l’exercer dans la durée.

Tous adhérents du Parti socialiste, ses membres sont ingénieurs, universitaires, professionnels de la communication ou hauts fonctionnaires.

Émergence(s) s’est dotée d’un programme de travail dont la finalité est de donner à la gauche les éléments de stratégie et d’organisation indispensables pour gagner en 2012. Intégré et cohérent, ce programme de travail comporte quatre axes :

  • Comprendre, dans leur diversité, les souffrances, les espérances, les croyances, les valeurs de la société française. Émergence(s) veut capter les tendances profondes qui la travaillent, au moyen de matériaux bruts (sondages, blogs) ou affinés (études sociologiques, essais).
  • Analyser les politiques publiques censées offrir à nos concitoyens les sécurités et les protections dont ils sont aujourd’hui privés et qui devraient leur permettre de se projeter en confiance dans l’avenir. Émergence(s) souhaite notamment faire émerger des collectivités locales gérées efficacement par la gauche toutes les idées susceptibles d'être mises en avant et, demain, d’être généralisées.
  • Formuler les messages et les discours capables de mobiliser et de rencontrer un écho large et durable auprès de nos concitoyens. Émergence(s) entend donner du sens aux propositions qu'elle formulera en les confrontant à un imaginaire, à un système de valeurs, à des représentations.
  • Organiser une stratégie électorale fondée sur les messages qui auront été dégagés, l’étude de cas exemplaires et l’exploitation méthodique de la littérature consacrée à l’art et la manière, pour la gauche, de gagner des élections.

L'association Émergence(s) n’est ni un parti politique, ni un comité de soutien, ni un club de réflexion. Elle se conçoit plutôt comme une plate-forme de service pour tous les dirigeants politiques de gauche intéressés. En cela, ses travaux sur les idées, les discours ou l’organisation de la gauche ont une finalité résolument opérationnelle.

Le site www.emergence-s.org met à disposition de tous des notes de travail, mises en ligne au rythme minimal d'une par semaine. Ces documents engagent exclusivement l'association Émergence(s) et ses membres.

Le bureau de l’association est composé de Cyril Piquemal (président), Nicolas Colin (secrétaire général) et Simon Janin (trésorier).


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Profession de foi de l'association Émergence(s)


Nous, membres d'Émergence(s), constatons et déplorons le lent déclin de la gauche et de ses valeurs dans notre pays. Trois défaites consécutives à l’élection présidentielle nous imposent de comprendre comment nous en sommes arrivés là. En cette heure décisive, nous avons une triple ambition : redonner à la gauche son assurance et sa fierté ; la faire gagner ; la faire gagner durablement.

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La parenthèse ouverte et refermée par François Mitterrand, interrompue par deux cohabitations, n'aura pas effacé le sentiment d'une incapacité chronique de la gauche à exercer le pouvoir dans la durée : depuis vingt-cinq ans, aucune de ses victoires électorales n’a été confirmée aux élections suivantes.

De grandes villes ont été perdues. Nombre de communes populaires, dont le vote avait toujours été acquis aux partis de gauche, ont basculé à droite. Certaines victoires spectaculaires, en 1997 ou 2004, n’ont été que des moments de rémission temporaire dans un état général singulièrement dégradé.

L'influence de la gauche recule chez tous ceux qui, précaires ou en sursis, se savent menacés par la mondialisation. Elle recule chez les jeunes actifs et chez les personnes âgées. Pour tenter de conjurer ce déclin, la gauche s'est divisée en deux camps.

  • D'un côté, certains expriment la nostalgie d’une puissance publique empêchant le capital d’être trop mobile. En proposant de renouer avec une économie administrée imaginaire, ils pensent toucher les plus humbles et les plus menacés par les mutations de l’économie.

Or cette gauche nostalgique de la toute-puissance de l’État emploie des mots inventés il y a trop longtemps. Loin d’avoir un quelconque effet mobilisateur, ses messages sont devenus inopérants. Les électeurs ne les entendent plus. Ils ont changé et ils savent qu’autour d’eux, le monde lui aussi a changé.

  • De l’autre côté, on trouve tous ceux qui, à gauche, regardent le marché avec bienveillance : « augmentons la taille du gâteau », disent-ils, «  et redistribuons-le ensuite ». Tout en laissant faire le marché, il conviendrait de prendre soin des exclus en leur accordant revenu minimum d’insertion et couverture maladie universelle.

Cette gauche dite moderniste a beau jeu de vouloir réconcilier le marché et la générosité. Mais, ce faisant, elle ignore tous ceux qui, parce qu’ils appartiennent à la classe moyenne, ne bénéficieraient plus de la protection sociale si celle-ci se trouvait réduite à un filet de sécurité. Qu’on se le dise : on ne fait pas rêver le peuple en lui promettant une branche à laquelle se raccrocher.

Deux postures, donc, qui renvoient à une même impuissance. Les premiers sont aveugles aux évolutions du monde ; les seconds sont sourds aux signaux que leur envoient les insiders vivant dans l’angoisse du déclassement et aujourd’hui négligés par les politiques publiques.

À sa façon, la droite a conçu une synthèse plus habile et mieux adaptée aux attentes de l’électorat. Son discours régalien sur l’État lui permet de prendre l’ascendant sur une gauche qui doute de l’action publique ou se replie sur des recettes dépassées. La rhétorique du mérite, du travail, de la responsabilité individuelle et du refus de l’assistanat a capté l’attention bienveillante des électeurs les plus modestes autant que des cadres. Tandis que la gauche continue de croire qu’elle doit choisir entre différentes composantes hétérogènes de l’électorat, la droite a construit des messages qui trouvent un écho dans toutes les couches de la société française.

Ailleurs, la gauche a également compris cet impératif. Aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Suède ou au Danemark, elle a su dépasser la seule défense des plus faibles pour s’adresser au plus grand nombre et rassembler autour des mêmes messages une majorité des électeurs. Simultanément, elle s’est efforcée de construire un corpus de doctrine et d’idées en phase avec la réalité du monde. Ainsi a-t-elle pu conquérir le pouvoir et l’exercer dans la durée sans rien renier de ses valeurs.

La campagne présidentielle qui s’achève a montré que Ségolène Royal a eu les bonnes intuitions sur les faiblesses de la gauche et les progrès qu’elle doit accomplir pour regagner la faveur des électeurs. Il faut à présent s’inscrire dans le sillon qu’elle a entrepris de creuser. Il s’agit d’inventer une nouvelle politique, qui parle à tous et qui soit en phase avec la réalité du monde.

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Quelle est cette réalité ? Pour le meilleur et pour le pire, la mobilité est la marque de notre temps. Elle suscite un dynamisme de l’économie mondiale sans équivalent dans l’histoire. Elle donne à l'inventivité humaine une souplesse et une réactivité jamais égalées. Dans cet univers du mouvement perpétuel, les mieux dotés parviennent à s’en sortir. Acteurs d’un changement dont ils maîtrisent les codes, ils savent tirer parti de la mondialisation.

Mais la mobilité exacerbe aussi la part d'ombre du capitalisme : l’obsession du rendement immédiat ; l'aveuglement aux désordres économiques, sociaux ou environnementaux qu'il engendre. Trop de citoyens se savent à la merci de décisions qui leur échappent. S’ils travaillent aujourd’hui, ils traverseront demain des périodes de chômage. Leur vie est bornée par la crainte de perdre leur emploi et de ne pas en retrouver. Ils ont un emprunt à rembourser, des enfants à éduquer. Ils vivent la précarité au quotidien.

Au total, certains ont hérité du pouvoir de s’inventer un futur. D’autres ne peuvent aller de l’avant parce qu’ils n’habitent pas le bon quartier ou parce qu’ils ne connaissent pas les bonnes personnes.

***

La vocation de la gauche, c’est de penser et de comprendre ces inquiétudes, ces déceptions, mais aussi les espérances qu’elles révèlent. Elle doit le faire sans condescendance ni apitoiement, mais avec le souci permanent de tracer de nouvelles lignes d’horizon. Pas d’indifférence ni de mépris ; pas de bons sentiments ou d’assistance la justice.

  • Nous pensons qu’il est temps, pour la gauche, de redéfinir les conditions de l’action publique. Nous voulons que l’exercice de la puissance publique, la refonte de la Sécurité sociale, l’affirmation de la liberté réelle et le refus de l’hérédité sociale permettent à chacun de redevenir maître de sa vie. Chaque Français doit pouvoir se construire un destin individuel à partir de garanties collectives fortement affirmées.
  • Nous pensons que l'heure est venue de porter ce message et tout en restant fidèles à nos valeurs, de transformer notre discours et notre façon de faire de la politique. Nous pensons qu’il est temps, pour la gauche, de faire de la « politique au marteau » : abattre des cloisons, ouvrir des fenêtres pour que la lumière pénètre enfin dans la bâtisse du socialisme du XXIème siècle. Telles sont les conditions de la victoire.

 
par MBpour Désirs d'Avenir22 publié dans : Associations
 

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